Romain Dupuy irresponsable ?
Mais de qui se moque-t-on ?
Bien sûr, il n’a tué qu’une infirmière et une aide soignante. Mais, si le 29 janvier 2005, lors de son interpellation, il avait tué un ou plusieurs policiers, aurions-nous les mêmes expertises ? A-t-on tiré l’enseignement d’Outreau ? On s’interroge sur la valeur exacte des expertises. D’ailleurs, d’expertises en expertises et avec un traitement depuis 20 mois, Romain Dupuy est de plus en plus irresponsable.
Monsieur le Juge, la loi vous permet, passant outre les conclusions des experts, de prononcer une ordonnance de renvoi de Romain Dupuy devant la Cour d’Assises. C’est le signe de la liberté du magistrat, de la noblesse de sa fonction. Est-il possible de priver les victimes d’un procès public ?
Si Romain Dupuy est bien l’auteur du massacre de la nuit du 17 au 18 décembre 2004, dans un pavillon de l’hôpital psychiatrique de Pau, de ce massacre prémédité, exécuté avec froideur et cruauté et avec quelle mise en scène !
Si Romain Dupuy est irresponsable, alors allons au bout de cette logique. Alors ouvrons les portes des prisons. Ils sont tous irresponsables, ils ont tous eu un jour une pulsion, une voix qui les a conduit à commettre l’irréparable.
Vous consultez un psychiatre, quelques soins, quelques médicaments et vous voilà irresponsable. Et si vous vous droguez, ce sera encore mieux. Vous pouvez tuer, vous n’irez pas en prison et si vous y êtes, vous serez libéré car irresponsable.
Lorsqu’un alcoolique imbibé d’alcool, prend le volant et tue sur la route, est ce que nous disons : il est malade, il est irresponsable ? NON.
Alors pourquoi lorsqu’un malade mental refuse de se soigner, se drogue, boit, pourquoi est-il irresponsable ? Pourquoi ?
Combien faudra-t-il de sang versé, de victimes innocentes, d’enfants orphelins, de familles en pleurs pour que nous ouvrions les yeux.
Nous sommes tous menacés si nous n’y prenons garde. Près de vous, dans la rue, dans ce magasin, un fou passe.
Hier c’était Montrabé (Haute-Garonne), Toulouse (Haute-Garonne), Gaillac (Tarn), Bordeaux, Lyon, Paris, Pau et combien d’autres encore.
Demain, votre enfant dans la rue, votre époux dans sa chambre d’hôpital, votre mère, vous-même, tous ceux que vous aimez sont en danger.
Nous ne pouvons, nous ne devons pas accepter de telles expertises, une telle justice. Nous voulons une France saine, qui ne marche pas sur la tête.
Un Romain Dupuy est intelligent, il savait ce qu’il faisait. Il a parcouru 3 km à pied pour se rendre à l’hôpital.
Il connaissait les lieux, les soignants et leurs horaires puisqu’il avait séjourné dans des pavillons voisins, qu’il s’était promené dans les allées de l’hôpital. Il a même pris le temps de fumer avant de tuer.
Bien des questions dans cette affaire restent en suspens. Quel est le rôle de la compagne de Romain Dupuy ? Le rôle de sa mère ? Qui s’est chargé de dissimuler toutes les preuves ? Le 18 décembre 2004, dans l’appartement de Romain Dupuy devait régner une odeur de sang : vêtements, chaussures.
Des psychiatres affirment qu’un schizophrène meurtrier éprouve le besoin de parler de son acte et donc il se dénonce ou bien il demeure sur les lieux de son forfait : attitudes qui se sont confirmées dans bien des drames. Et Romain Dupuy, qu’a-t-il fait ?
Etait-il seul en cette nuit du 17 au 18 décembre 2004 pour ce massacre odieux ?
Et le doigt d’honneur adressé par Romain Dupuy à la foule et aux medias à la sortie du commissariat ou du palais de justice, que signifiait-il ?
Les collèges d’experts ont rencontré un Romain Dupuy sous traitement, aux réponses préparées vraisemblablement avec l’aide de son avocat.
Rien à voir avec le Romain Dupuy de décembre 2004, de janvier à juillet 2005 : celui qui a été vu par le Dr Chanseau, expert qui a conclu « à une conscience altérée mais pas abolie au moment des faits ». Rappelez-vous la reconstitution de juillet 2005.
Punir un coupable ce n’est pas incompatible avec des soins, un traitement. En France, on oppose prison et traitement. Mais l’un et l’autre sont compatibles : encore faut-il s’en donner les moyens.
Mesdames, Messieurs, candidats à l’élection présidentielle
Elus d’aujourd’hui et de demain,
Entendrez-vous l’appel de la France d’en bas
Le cri des victimes et de leurs familles,
Le cri des coupables et de leurs familles,
Le cri des futures victimes, des futurs coupables
Ce dossier brûlant saisissez-le à bras le corps, modifiez les lois, accordez crédits en matériel et personnel aux hôpitaux psychiatriques, créez des établissements de suivi permanent pour ces malades.
Comment soigner correctement des malades en psychiatrie quand c’est le nombre de malades passant dans un lit qui détermine le financement de l’hôpital.
D’où des séjours de plus en plus brefs et des malades qui ressortent « malades » et sans aucun suivi.
Ce n’est pas en implantant quelques lampadaires et en posant quelques barreaux aux fenêtres que les problèmes de la psychiatrie sont résolus
Quand le nombre de lits à St Luc passe en quelques années de 1000 à 237, où va-t-on recevoir les malades dont le nombre augmente d’année en année car notre société est dure, cruelle.
Madame Dupuy, ne vous croyez pas à l’abri. Dans 3 ans, Romain vous sera rendu et alors que se passera-t-il ? Qui va-t-il tuer ?